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vendredi 8 juillet 2016

Bureaucratie, mails et problèmes


   Bonjour à tous,

   Après avoir longuement conversé au sujet des responsabilités pouvant être exercées au sein de l’Université, il semblait aller de soi que je vous racontasse, à la manière du Père Castor, une petite histoire consacrée à l’ampleur du phénomène bureaucratique.

   L'histoire commence de cette manière : à la suite d’une altercation entre un chargé de TD débutant et un étudiant de L1, un mail fut envoyé afin que les divers responsables gravitant dans l’UFR résolussent le problème, tentassent quelque chose ou feignissent de s’y intéresser.

   Ainsi donc ce fameux courrier fut-il expédié aux responsables de la L1, de la Licence, au directeur du département, au directeur de l’UFR, sans oublier au Maître de conférences prétentieuxson chargé de TD étant concerné.

   Comme d’habitude, la situation amena à un renvoi de balle entre les différents niveaux – les responsables de L1 peuvent-ils se débrouiller seuls, l’UFR est-il compétent, etc. ? –, chacun faisant de son mieux, sinon le mort, pour ne pas s’en charger.
   J’appliquai, pour ma part, la stratégie du silence, une situation aussi banale ne méritant évidemment pas que je m’en mêlasse.

   Il fallait donc néanmoins, au terme d’un interminable échange de mails entre responsables divers, que quelqu’un se résignât et convoquât l’étudiant, ce qu’au final personne ne fit.


   Pr. Fourbe

Les responsabilités administratives : la pratique


   Bonjour à tous,

   Après avoir écumé la théorie des responsabilités administratives (Cf. Les responsabilités administratives : la théorie), passons maintenant à la pratique.

   Admettons-le sans embardes : personne n’a jamais fantasmé à l’idée de coordonner une L1 ou une formation sur le déclin, et certaines responsabilités sont évitées comme la peste. 
    De nos jours, il est d’usage d’offrir les responsabilités dont personne ne veut aux jeunes Maîtres de conférences, en leur faisant croire à l’attribution d’un privilège. Qu’ils soient dupes ou non ne change guère la donne : il eût été incongru qu’ils refusassent…

   Quoiqu’il en soit, les responsabilités administratives comportent, dans la réalité, une profusion de tâches reloues : outre une avalanche de paperasse, votre mission sera principalement de solutionner les petits problèmes de tout le monde, chacun imaginant que vous n’avez que cela à faire. 
   L’activité s’avère d’ailleurs si prenante que vous n’aurez même plus le temps de comploter.

   Lorsqu’un problème survient, personne ne sait vraiment vers qui se tourner, de sorte que la moitié des responsables de l’UFR se retrouvent harcelés de mails, dans l’espoir que l’un d’eux daigne se sentir concerné (Cf. Bureaucratie, mails et problèmes).

   Voilà donc un modeste aperçu de ce que sont réellement les responsabilités administratives. Elles vous apporteront un titre, une prime ou une décharge de cours, mais vous permettront rarement de réaliser de grands projets.


   Pr. Fourbe

Les responsabilités administratives : la théorie


   Bonjour à tous,

   Souvent sous-estimées d’un point de vue extérieur, les responsabilités administratives nécessitent cependant un fort investissement de la part des enseignants qui les occupent.

   Nous l’avons vu précédemment (Cf. La lutte pour les responsabilités : les décharges de cours), leur exercice peut avoir pour seul but l’obtention d’une prime ou, le plus souvent, d’une décharge de cours. 
   Cette optique résolument fourbe obéirait alors à une optique volontariste : ainsi, devenir coordinateur d’une Licence, responsable d’un Master ou directeur d’un département, reposerait sur un choix de la part de l’enseignant. 
   Au terme d’une lutte acharnée entre collègues, celui-ci parviendrait alors au poste tant convoité, l’objectif étant alors, en devenant, par exemple, doyen de la faculté – on utilise, aujourd’hui, le terme moderne de directeur d’UFR – de prescrire une ligne de conduite, de manœuvrer à l’émergence de projets, autrement dit d’insuffler un vent d’Excellence à toutes les formations qu’elle chapeaute (Cf. L'exercice du pouvoir).

   Vous l’aurez compris grâce à l’emploi du conditionnel, toutes ces dissertations ne sont toutefois que pure théorie, la pratique de responsabilités administratives amenant l’amateur d’Excellence à de cruelles désillusions (Cf. Les responsabilités administratives : la pratique).


   Pr. Fourbe

vendredi 26 février 2016

La lutte pour les responsabilités administratives : les décharges de cours

   Bonjour à tous,

   Il pourrait, au premier abord, sembler paradoxal que des enseignants-chercheurs se battent pour l'exercice de responsabilités administratives, alors même que celles-ci, parfois rétribuées par quelque prime proche du symbolique, exigent que leur soit consacré un investissement des plus conséquents. 
   Quelle en est alors l'explication ?

   Précisions tout d'abord que toutes les responsabilités ne font pas l'objet de lutte : certaines, récompensées par une prime modeste ou une faible décharge d'heures d'enseignement, sont délaissées, évitées, tandis que d'autres – telles que la direction d'un UFR ou d'un département –, alliant certain prestige, pouvoir et décharge de cours importante, suscitent bien des convoitises.

   Autrement dit, nous n'occupons pas de responsabilités par dévotion gratuite, ou par plaisir.
  Avouons-le : les responsabilités administratives ne sont recherchées que pour les avantages qu'elles procurent, lesquels font office de contrepartie face à l'ampleur de la tâche.

   Toutefois – et c'est là que la fourberie intervient –, rien n'implique que vous exécutiez réellement les fonctions qui sont les vôtres, ni que la décharge consacrée soit utilisée, par vos soins, en faveur de vos responsabilités.

   Vous l'aurez compris, l'idéal fourbe est ainsi d'occuper des fonctions importantes, d'en orchestrer la délégation à quelques sous-fifres (arrangez-vous préalablement pour que des « collègues »* vous soient redevables – par exemple en faisant croire à un collègue que vous le pistonnerez pour sa Hors Classe), et de profiter de la décharge pour se consacrer à la recherche, laquelle vous permettra à l'avenir, d'obtenir la promotion que vous avez tant méritée (Cf. Le grand PREX).

   Pr. Fourbe

* collègues entre guillemets, une secrétaire excessivement dévouée ou un chargé de TD innocent – plutôt deux, si vous voulez qu'ils survivent – faisant parfaitement l'affaire.

jeudi 31 décembre 2015

Eliminer la concurrence b) se débarrasser d'un collaborateur ambitieux


   Bonjour à tous,

   Vous le savez sans doute, l’exercice de fonctions administratives de haut niveau ne peut se faire sans le concours de quelques collaborateurs. 
   En effet, étant donné votre niveau de prestige, décision et exécution ne sauraient êtes mêlées : indubitablement, telle situation tendrait à affaisser l’ampleur de votre aura. 

   Ainsi l’occupation du pouvoir nécessite-t-elle la composition d’une équipe de collaborateurs. 
   Cependant, malgré votre prudence lors du choix de ces derniers, il arrive parfois que l’un d’entre eux, désireux d’une plus grande implication que les tâches soi-disant ingrates que vous lui confiez – alors que travailler pour vous constitue forcément une chance – se croie en droit de contester votre leadership.

   Il tient à obtenir davantage de responsabilités ? Entrez dans son jeu et offrez-les-lui. Mieux encore, faites-le savoir au restant de l’équipe. 
   Confiez-lui alors les dossiers piégeurs, complexes, et dont la mise en œuvre nécessite la connaissance de maintes subtilités que vous êtes seul à connaître. 
   Ne lui transmettez évidemment qu’une information partielle et, dans sa sueur glaciale, laissez-le mariner.

   Ecrasé par la pression, puisqu’il tient tant à prouver sa compétence aux yeux du monde, les chances sont fortes pour que le collaborateur n’ose pas vous demander de l’aide.

   Ainsi, dans de telles conditions, qu’il se vautre royalement ne devrait être qu’une simple formalité.

   A vous, ensuite, de décider de le ramasser – ou non – à la petite cuillère pour, au choix, faire un exemple ou vous présenter en sauveur. 


   Pr. Fourbe

vendredi 18 décembre 2015

Eliminer la concurrence a) le détournement d’idées


   Bonjour à tous,

   Si la direction d’un UFR – ou d’un modeste département, Rome ne s’est pas faite en un jour ! – constitue un judicieux moyen d’imposer l’Excellence à quelques collègues pseudo-progressistes aux idées utopiques, l’occupation de celle-ci, même pour un coutumier des hautes responsabilités tel le Professeur Fourbe, réserve bien des surprises – par exemple, lorsqu’un compétiteur sournois se verrait bien prendre votre place. 
   Loin de se déclarer en adversaire, il arrive en effet que celui-ci cherche à s’imposer progressivement, en débutant par la proposition, de plus en plus fréquente, d’idées censées améliorer les vôtres.

   Bien entendu, votre expérience du pharisaïsme faux – vous en avez-vous-même usé pour accéder au pouvoir –, vous permet de pressentir les desseins du perfide individu : en présentant ses brillantes idées aux yeux du monde, il apparaît de jour en jour davantage légitime pour prendre les commandes. 
    Bref, vous l’avez vite compris, M. Idées veut votre poste. Il convient dès lors de stopper son ascension avant qu’il ne soit trop tard.

   Très vite, l’évidence vous vient à l’esprit : vous ne pouvez agir directement, en refusant ses idées à chaque fois qu’il les propose lors des réunions. Devant témoins – surtout si ceux-ci sont enthousiastes –, tel comportement ne ferait que démontrer votre peur de la concurrence.

   Au contraire, acceptez ses bonnes idées avec une circonspection feinte, prenant à témoin la salle que vous laissez sa chance à ce « penseur qui a su convaincre ».    
   Précisez, bien entendu, auprès de votre auditoire, les risques qui pourraient être associées à ses idées.    
   Vous pliant aux principes ô combien irrécusables de la démocratie, vous les appliquerez cependant.

   Plus encore, faites savoir à qui veut l’entendre – en dépit, rappelez-le, de votre prudence personnelle – l'ampleur de vos efforts afin que triomphe l’avis général. 
   Opérez alors un détournement des idées initiales, en les vidant de leur substance, et confiez-en l’application aux individus les plus incapables. 
   Derrière vos discours, vous faites ainsi tout votre possible pour qu’elles échouent de la plus pitoyable manière. Et elles échoueront.

   Qu’il est alors regrettable de constater que se sont produits les risques que vous aviez prédits ! 

   Par ce procédé fort simple, vous jetez ainsi le discrédit sur votre rival, tout en voyant saluer, par vos collègues, votre incroyable discernement.


   Pr. Fourbe

L'exercice du pouvoir


    Bonjour à tous,

   Si l’enseignant-chercheur offre à la fois ses compétences à la diffusion du Savoir qu’à la progression de celui-ci, il n’est pas rare que le maître précité occupe également des responsabilités administratives, de natures diverses. 

   Pour l'enseignant fourbe et dévoué à la Connaissance, les responsabilités administratives constituent un habile moyen d'éclairer l'Université des lumières de l'Excellence – et, accessoirement, pour le fourbe, d'intensifier tant son aura que ses moyens d'action (Cf. La lutte pour les responsabilités administratives : les décharges de cours).

   Membre du conseil d’administration ou de la commission scientifique, directeur de département ou d’UFR, etc., l’enseignant du supérieur dispose ainsi d’une ribambelle de possibilités pour accroître son pouvoir, et ce de manière plus ou moins directe.

   Toutefois, si obtenir le pouvoir est une chose, le garder en est une autre.
   Subséquemment, par les articles de cette section, vous présenterai-Je quelques fourberies en ce sens (Cf. Eliminer la concurrence : a) le détournement d'idées ; b) se débarrasser d'un collaborateur ambitieux).

   Ainsi, une fois encore, le Professeur Fourbe vient-il à votre secours par le biais de ses brillantes idées. 


   Pr. Fourbe